Anita !

Anita

Anita F
66 ans
Marseille

Vous pouvez voir en cliquant sur les mots en bleu les documents (photos, tracts, compte-rendus, etc...) qui accompagne chaque témoignage.

J’habite à Marseille depuis 1969.
Avant j’habitais à Nancy et dans les Vosges.
J’ai adhéré au PC en 68, contrairement à tous les autres qui étaient gauchistes. Donc j’étais déjà militante à l’époque, je faisais du porte à porte pour vendre l’Huma-Dimanche... c’est un certain genre de militantisme (rire)... J’ai été mariée aussi, je me suis mariée un 1er avril, bon... on n’a jamais su qui avait fait la blague à l’autre (rire)...
J’en ai eu vite marre dans mon mariage et dès 72, j’ai commencé à avoir des relations avec des femmes, avec une collègue pour commencer... puisque j’étais prof...
En 76, j’ai rencontré Régine C. et je suis rentrée dans un groupe de travailleuses de l’enseignement où il y avait des féministes... et au début, je ne savais pas qu’il y avait des lesbiennes aussi. On s’en est aperçue un petit peu après.
En 78/79, j’ai fait un échange avec un collègue à Londres et là, j’ai fréquenté un groupe femmes "Women's Arts Alliance", ça c’est déjà super.
Et quand je suis revenue dans l’ été 79, j’ai été directement à une rencontre lesbiennes-féministes qui a eu lieu en Dordogne avec ma copine anglaise. J’ai rencontré des lesbiennes françaises avec qui j’ai gardé le contact par exemple Dominique R. je la connais toujours. Elle a été à Paris dans le groupe "Les Bénines d'Apie" (anagramme de lesbiennes à pied), groupe de randonneuses. J’ai commencé à randonner avec elles dès 79.
En 1980, à Marcevol, c’était une rencontre lesbiennes-féministes, enfin moi j’ai toujours dit lesbiennes-féministes mais peut-être je me trompe, je ne sais pas... Lesbiennes-féministes ou féministes-lesbiennes, la rencontre de Dordogne était peut-être à cheval entre les deux mais celle de 80, c’était lesbiennes... et je pense que Nicole S., Claude S. y étaient déjà...
L’Euzières en 81, je ne me souviens pas exactement des mêmes choses que Sylvie, mais je me souviens qu’il y avait pas toujours assez à manger parce qu’on s’était retrouvées à 600 et c’était pas du tout prévu pour accueillir 600 femmes, 600 lesbiennes. Donc il y avait un peu de la panique pour la nourriture et puis les toilettes effectivement étaient tout le temps bouchées parce que on aurait dû dès le départ ne pas mettre le papier dans les toilettes (rire)... mais je ne me souviens pas des petites éponges (rire)...
Pour moi, les 3 rencontres, c’est vraiment mes meilleurs souvenirs. Les rencontres à Marcevol, c’est un lieu magnifique. La deuxième rencontre en 82, c’est là que j’ai rencontré Chloé qui maintenant s’appelle Martine. Il y avait les ateliers, il y avait de la musique, il y avait des jeux, il y avait un petit peu de tout, c’était vraiment magique...
Après il y a eu la Douce-Amère, j’étais aussi à la Douce-Amère. je me rappelle qu’il y avait un atelier de dessin. La Backroom, je n’y suis pas allée (rire). Je suis allée à l’atelier de dessin et je donnais des cours de Wendo aussi à la Maison de quartier de B. où Nadia L. était directrice à l’époque. Et je me rappelle de Javotte, de Maryline qui une fois s’étaient battues carrément parce qu’il y avait un peu des problèmes entre elles... Et on cassait les planches régulièrement (rire)... Ça c’était une bonne époque aussi, les cours de Wendo, c’était super ! On a refait un stage il n’y a pas longtemps et ça m’a rappelé des souvenirs de casser cette planche...
Le Wendo, c’était une copine féministe Nicole R. qui nous avait initiées au Wendo, c’était des techniques d’auto-défense pour femmes, spécifiques pour les femmes. Elles prenaient des gestes d’autres arts martiaux et c’était vraiment spécifique. D’ailleurs, en parlant d’arts martiaux, j’ai aussi assisté à plusieurs stages de karaté dont un en Hollande et un à Hyères au début des années 80 avec des lesbiennes, ça c’était avec des lesbiennes, sûr ! (rire)
Ensuite le CEL. Le CEL, je pense que je n’y étais pas tout à fait au début. En 90, je sais que j’étais allée à l’inauguration mais la façon dont c’était présenté : convivial, tarot, repas, sorties au théâtre ou astrologie, ça me branchait pas du tout. Donc j’ai attendu un petit peu, et je pense que c’est quand il y a eu les changements de statuts et que le CEL s’est déclaré association lesbienne que j’ai commencé vraiment à m’y intéresser. Donc c’est 94 je crois. Je pense que j’ai adhéré au CEL en 94. J’y ai donné des cours d’anglais. Ça m’a permis aussi de trouver des copines et des femmes... il y en a une qui est là... (rire) J’ai organisé des randonnées aussi, ça s’appelait "Les calanques dans tous les sens".
Et un autre moment fort, c’était les dix ans du CEL en 2000. On avait fait ça à l’Alhambra. Je tenais un stand où j’avais mis une grande carte des calanques. Et avec le groupe d’anglais, on avait joué la partie de cartes de Pagnol en anglais avec Rosa, Corinne et d’autres... on s’était vraiment bien amusées...
Un autre moment fort aussi, en 96, quand on a créé la coordination lesbienne en France... enfin, à l’époque c’était coordination lesbienne nationale puis après c’est devenu la coordination lesbienne en France. Donc, j’étais à Valence, j’ai assisté à certaines rencontres de la coordination, une à Die qui s’est un peu moins bien passé. Je ne vais pas rentrer trop dans les détails...
Des moments forts, il y en a eu beaucoup... Les Gay Games en 98, c’était génial aussi...
Kris avait organisé avec le groupe de billard et puis il y avait les femmes qui jouaient au badminton. Moi je m’étais inscrite en natation avec Hélène-Marie. Hélène-Marie qui n’est pas très grande s’était fait photographiée à côté des grandes suédoises ou nordiques (rire). Les Gay Games, c’était génial aussi. Tout le groupe, on était toutes avec notre canotier pour représenter la France. C’était vraiment très, très bien aussi ! Les 20 ans du CEL ?... Isabelle et moi, on a remonté le CEL qui avait eu un gros creux en 2005. On y est depuis 2010, ça fait seulement 3/4 ans qu’on a vraiment repris. On y était déjà à une époque au CA, Isabelle était vice-présidente et moi secrétaire. Il y a eu la fermeture du local en 2005, il y a quand même eu un gros creux. Et quand Marie-Claude en a eu marre, elle a passé le relais à Isabelle et moi j’ai suivi.
On a bien remonté, on a bien repris contact avec la CLF, la CLF aussi a eu un gros creux. La CLF aussi a bien repris, les rencontres du mois de mai, à Saint-Nazaire, en Alsace l’année dernière...
Et pour l’EuroLesboPride, on s’est lancé dans cette aventure pour le mois de juillet dernier, une aventure énorme, impulsée beaucoup par Isabelle qui en parlera plus, et pas trop soutenue par notre CA. Heureusement qu’entre-temps, on a trouvé Martine et Hélène pour nous soutenir.
Et c’est vrai que l’EuroLesboPride, c’était génial aussi et surtout la Marche de Nuit, tout le monde en garde un souvenir merveilleux. On peut refaire une marche de nuit lesbienne avec notre belle banderole "Lesbiennes en marche" qui peut resservir, il n’y a pas de problèmes...
La Presse n’en a pas parlé, on sait pas toujours bien contacter la Presse pour qu’elle soit là...
J’ai oublié 2/3 choses : j’étais à Ezoudan avec Nicole S. et Claude S. Á l’époque on cherchait à trouver un lieu, on avait visité un mas dans les Cévennes du côté de Genolac parce qu’on cherchait un lieu pour faire un village lesbien. C’est une aventure qui n’a pas duré très longtemps, c’est tombé vite à l’eau.
Mais maintenant, on va reprendre la Maison de Retraite lesbienne, pas de problème, on est partantes...
J’étais aussi à l’Invitée en 81. Á l’époque, quand j’étais avec Nicole S., j’ai donné un petit coup de main à l’Invitée au restaurant à Aix-en-Provence. L’association l'Airelles avait monté un restaurant je pense non-mixte.
Mes grands rêves pour le monde lesbien ? La Maison de retraite lesbienne et comme le disait Évelyne, il faudrait qu’il y ait la relève.
Au CEL, les plus jeunes, elles viennent pour les activités, le badminton.. elles ne viennent pas tellement pour militer...
On organise la rencontre de la CLF au mois de mai le 9/10/11 mai 2014 à la Roque d’Anthéron. Vous êtes toutes invitées à y participer. Sur la lancée de l’EuroLesboPride, ça ne pouvait que tomber sur le CEL puisqu’on a montré notre dynamisme, même si ça repose pas sur énormément de femmes...

Documents contenus dans le témoignage
Cineffable 1994-CEL Gay Games 98