Henriette !

Henriette

Henriette
54 ans
Marseille

Vous pouvez voir en cliquant sur les mots en bleu les documents (photos, tracts, compte-rendus, etc...) qui accompagne chaque témoignage.

Moi, j’ai d’abord mis un pied au Bateau Ivre... Je ne connaissais pas du tout la Douce Amère, La Boulangerie car je n’étais pas ici. Je suis arrivée sur Marseille pour faire mes études d’assistante sociale et je ne me rappelle plus comment j’ai trouvé ce Bateau Ivre... Je suis allée quelque fois dans cet endroit.
Plus tard, par bouche à oreille, j’ai rencontré le CEL quand il était rue Paradis, presque au tout début donc... Il y avait Dali, présidente. J’allais aux activités. Je suis rentrée au CA au moment de Dali. Mais lorsque j’ai été à nouveau élue de 80 à 84, j’ai fait beaucoup de petites mains ! (rires). Quand il y a eu des locaux, j’ai tenu des permanences. Pour les fêtes, il y a eu moins de personnes pour sen occuper et c’est comme ça que je me suis occupée davantage des fêtes qui sont devenues effectivement très, très lourdes car sur l’équipe, on était très peu. Car ensuite, on a créé des événements pour maintenir les fêtes. Des lieux commerciaux ont commencé à s’ouvrir... On était en concurrence avec d’autres et on n’arrivait plus à faire face.

Patricia : Je crois que tu as une formation politique ?

Moi, je suis dans un parti depuis longtemps où il y a la mixité forcément (sourire). Je pense que ça joue beaucoup sur moi. Et envisager des actions avec les garçons, je pense que c’est quelque chose qui est intéressant, dont il ne faut pas forcément se priver. Les garçons, en tout cas certains, ont leur mentalité, leurs idées qui ont évoluées. Ils reconnaissent que le féminisme a apporté bien des choses, y compris pour les gais... Il y a des formes de luttes parallèles ou communes. Pendant de très nombreuses années, j’ai participé à ce que faisait le CEL, il y a eu plein de choses : le journal esprit de CEL, Marylou etle projet "Santé – dépistage des cancers gynécologiques"... C’était un truc important ! Projet qui n’a pu vraiment être suivi après car il fallait avoir les forces, la compétence pour pouvoir suivre ça...
Mais c’était quelque chose d’intéressant et ça a permis d’initier les demandes de subventions. Pendant toute une période, le CEL n’a pas fait de demande de subventions. Les fêtes permettaient l’association d’exister, de louer le local, etc... Il y a eu des demandes de subventions à partir de la ligne d’écoute et du projet "Santé – dépistage des cancers gynécologiques". Ça, c’était important...
Donc j’ai participé en donnant mon point de vue dans les CA et au sein de l’équipe. Mais je suis partie du CA un moment et j’y suis revenue quand Marie-Claude a été présidente. En septembre 2000, à l’AG qui se tenait ici aux 3 G, Laure qui était présidente des 3 G et qui venait du CEL, a déclaré vouloir arrêté avec les 3 G car pour elle, les 3 G n’avaient pas d’activité militante probante, elle avait l’impression de s’essouffler... Et je me suis donc présenter au CA des 3 G, j’y ai participé et ensuite j’ai été élue présidente des 3 G et ça a duré jusqu’en 2013. En tout cas, que ce soit pour le CEL, que ce soit pour les 3 G, j’ai une très grande fidélité. Quand j’étais dans le CEL, je disais "Il faut faire des choses avec les 3 G ! Si on faisait des activités en commun, etc..." Ça n’a jamais été vraiment mis en place. Il n’y a que quand les 3 G ont eu des difficultés financières, que là, le CEL a dit "On va les aider !" car ça allait de soi, c’était tout à fait normal !
Par rapport aux 3 G, ce lieu me plaît énormément parce que c’est un lieu ouvert aux femmes lesbiennes mais aussi au-delà et ça, je pense que c’est important de créer des liens avec des associations gays. Et en participant à la Marche pour l’Égalité en 2012, j’ai regardé les archives et j’ai vu que les 3 G avaient déjà eu plein de partenariat. Les 3 G avaient fait plein de choses, avec AIDES, avec Act-Up, etc... On se situe complètement dans une continuité.
Maintenant, il commence à se recréer un projet qui irait peut-être vers un centre gay et lesbien. Pour l’instant, ce sont les prémices... Il y a des réunions qui se font régulièrement ici, il y a 4 groupes et notamment un groupe sur la création d’un centre LGBT, un groupe sur l’agenda et les événements et c’est comme ça qu’il y a eu le 1er décembre... Il y aura encore d’autres choses. Andrée disait tout à l’heure qu’il y a possibilité de faire du travail avec les garçons, on doit pouvoir créer des liens, des espaces... S’il y avait un centre LGBT, il pourrait y avoir dans ce centre une partie archives lesbiennes ouvert à tout le monde, aux garçons et je crois qu’ils seraient vraiment intéressés par ce genre de choses.

Andrée : Christian DL le fait depuis de nombreuses années... il a un fond gigantesque.

Oui, mais pour leur propre histoire, il n’y a pas mieux que les lesbiennes pour apporter les éléments de leur propre histoire. Comme on est en train là de le faire pendant ces 4 jours, il va en sortir quelque chose de notre histoire.

Patricia : On va faire un site internet, il ne sera pas fermer bien sûr ! Si des gens veulent le regarder, libre à eux. Tout le monde pourra regarder  et il y aura du contenu ! (rires).

Dans les 3 G, j’ai un plus été à l’initiative de certaines choses, ce que je n’avais jamais fait au CEL. Je me suis plus impliquée aux 3 G. Par exemple, il y a eu l’adhésion des 3 G au réseau collectif qui s’appelle IDEM, collectif mixte, la participation à l’Europride avec un événement militant, la participation des 3 G à la GayPride avec des garçons y compris un garçon sulfureux que tout le monde connaît, sulfureux mais pas seulement, heureusement ! (rires)

Patricia : Ce n’est pas la première fois qu’il y a un projet de centre LGBT à Marseille !
Valia : Quel est l’intérêt que tu y vois dans cette ouverture à la mixité ?

Je pense qu’on a des revendications communes et que tout ensemble on est plus fort. Une fois qu’on élabore des revendications, qu’on se retrouve, qu’on se renforce entre nous c’est bien ensuite de se confronter à l’extérieur et de faire évoluer les points de vue. Christian DL par exemple parle du CEL comme d’une vrai organisation politique.

Patricia : C’est indéniable ! Le CEL a participé à plein d’actions avec Christian DL et le collectif et la mixité, bien sûr ! Même si c’était pas évident !

Je pense que c’est utile et qu’on peut faire avancer les choses en participant davantage à ce type de réunion mixte. Sinon on va perdre d’autant plus le pouvoir qu’on va leur laisser entièrement. Pour ce qui concerne les 3 G, le lieu est identifié comme étant un lieu qui accueille les femmes avant out et les garçons quand ils viennent, ils ne sont pas en pays conquis. Ils respectent le lieu, ils savent très bien où ils sont, que ce soient les associations ou les individus... Ça, c’est important, c’est aussi la manière dont a été conçu le lieu qui fait que ça perdure. Même s’il y a eu des CA différents, des personnes militantes, un peu moins militantes, il y a quand même des chose qui demeurent ! Un état d’esprit !
C’est une belle idée que j’aime beaucoup, c’est les 3 G ! C’est un lieu qui peut générer le pire mais aussi le meilleur car c’est un lieu qui nous appartient. On y fait ce qu’on veut, par exemple, un après-midi comme aujourd’hui, c’est ci que ça se passe !

Documents contenus dans le témoignage
Le Bateau Ivre Interview de Dali - Pride 1994 Marche pour l'égalité 2012 mémoire des séxualités Marseille