Patricia L !

Patricia L

Patricia L
50 ans
Marseille

Vous pouvez voir en cliquant sur les mots en bleu les documents (photos, tracts, compte-rendus, etc...) qui accompagne chaque témoignage.

J'ai rencontré le CEL en 1991, l'association était créée depuis 1990. Je ne me souviens plus comment ça c'est fait : je sais que j'étais allée rue Paradis, il y avait déjà pas mal de femmes, mais le CEL avait "mauvaise réputation". Pourquoi ? Parce qu'il était installé dans un immeuble soi-disant du Front National. Ça partait mal. On est allées à une première soirée qui était au boulevard Longchamp à l'époque pour se renseigner, pour voir. Puis de fil en aiguille, on est arrivées à un C.A. Là, Bérézina totale, tout le monde démissionnait, il y avait des gros problèmes. Lesquels ? On n'a pas trop su. Comme pratiquement tout le monde démissionnait à part 2 ou 3 personnes : Dali la présidente et Patricia, son amie. On s'est présentées : il y avait Chantal, Muriel et moi. L'histoire a commencé comme ça. On a pris le relais d'une déficience, c'était une petite association à ce moment-là. On s'est dit comment faire pour que cette association grossisse et qu'il s'y passe quelque chose.
C'était une association de femmes pas définies mais les ¾ étaient lesbiennes. Je dis "pas définies" dans ce sens où elles se situaient comme femmes mais à cette époque on ne se disait pas lesbiennes, même s'il existait déjà des associations, c'était encore un peu en catimini. On s'est dit : c'est une association de loisirs, c'est bien beau, mais si on allait vers quelque chose de plus politique. On a contacté Sylvie M. qui nous a fait connaître Maïté et on a organisé les 20 ans du féminisme au CEL. Nicole était venue avec une amie, Dominique, qui faisait partie de SOS femmes battues à Aix. C'est parti dans quelque chose de politique, là, et toi Patricia je ne sais plus quant tu es arrivée...

Patricia G : à ce moment-là. Je suis venue à la conférence de Nicole sur les années de "L'Invitée", de "l'Air'Elles", c'était un récapitulatif de ce qui c'était passé, déjà c'était un séminaire sur la mémoire.

L'association commençait à grossir. Ensuite, il y a eut le changement de statuts de l'association : elle est devenue une association lesbienne.

Patricia G : ...et féministe. Parce que jusque là c'était une association de femmes.

Oui lesbienne et féministe, de défense des droits des femmes. À partir de là il y a eu les fêtes, parce qu'il fallait qu'on se finance et puis il y a eu plein d'activités politiques. Chronologiquement, on a monté la 1ère Gay Pride à Marseille (en 1994), on a rencontré les femmes algériennes, chez Alex (pizzeria bien connue rue Curiol), plus tard il y a eu la Coordination, on a participé à Cineffable en créant un prix du CEL.
Au moment du changement des statuts on a créé le journal : "Esprit de CEL", liaison entre les adhérentes de l'association, pour faire savoir tout ce qui se faisait, mais également pour qu'il soit un lien entre toutes les associations en France. Le 1er numéro date d'octobre 1994 et le 2è n'est sorti que plusieurs mois après : on a eu du mal à structurer une équipe. Évidemment, il y a eu des dissensions, et ce qui est amusant, c'est que j'ai retrouvé ces dissensions dans les mises en page. Même si ce n'était pas toujours facile, il y avait une cohésion extraordinaire dans le groupe du CA, une éthique commune et ça fonctionnait très bien, mais les caractères rendaient parfois les échanges houleux.
Qui participait ? Mona, qui a un peu disparu de la circulation du militantisme, Nicole, Anne-Marie, Cécile, une petite Laurence, graphiste, dont j'ai oublié le nom.

Hélène B, elle avait participé à Lesbia, à la mise en page de Lesbia, elle avait cette expérience.

Oui, ça a été après et c'est avec elle que j'ai repris le journal, on était plus que toutes les deux et le journal s'épaississait car tout le monde nous écrivait. Et Michèle P. aussi a participé longtemps.
On a aussi participé à Lesbia, en écrivant des articles, à la Coordination. On avait été contacté par la galerie marseillaise "Cargo" qui voulait monter une exposition sur " L'art est-il genré ?". Je m'en souviens parce que j'avais fait un stage au musée d'art moderne de la Ville de Paris qui venait d'organiser la 1ère rétrospective de "Claude Cahun". C'était dans cette mouvance à ce moment-là. Ça n'avait pas fonctionné au CEL et c'était tombé à l'eau. Et dans Lesbia, il y a eu pas mal d'articles écrits sous notre nom mais au nom du CEL et des articles sur les femmes artistes. Le journal du CEL a duré jusqu'en 2001/2002.

Pourquoi ça c'est arrêté. Problèmes de forces ?

Oui, problèmes de forces et de dynamisme de l'association. En 1998, Bagdam Cafée avait des problèmes financiers déjà. Nous, ça a commencé en 2000, la diminution du nombre d'adhérentes. C'est le moment où les associations commencent à couler. Il me semblait avoir écrit quelque chose au moment de la mort d'Hélène B mais je n'ai pas retrouvé. C'était "Aux 3G " mais je n'ai pas retrouvé.

Et le cri de la gouine ?

C'était au début des "3G", il y avait des soirées : soirées pplage, etc.. et Laurence C nous contacte pour nous demander de faire quelque chose. On était un groupe de 7. Un soir, on fait un cadavre exquis et c'était tombé sur "les sirènes claquent dans le pré", on avait organisé la soirée "vaches folles", on était allé taguer la plage de l'Abri Côtier, parce que Laurence voulait qu'on mette des sigles lesbiens partout. On est retournées le lendemain, on ne voyait plus rien, mais on s'amusait beaucoup, ça faisait un peu le réseau souterrain. Le Cri de la Gouine parle beaucoup de ces trucs là et les expressions de Laurence étaient à mourrir de rire... Et donc le cri de la gouine procède aussi de tous ces trucs-là : on y racontait toutes ces conneries. Il n'y a que 5 numéros.

Quels ont été pour toi les événements marquants ?

Je dirais la 1ère Gay Pride. Cineffable, il y a eu de grands moments, on se connaissait tellement. C'est là qu'a commencée la Coordination lesbienne. Les rencontres avec Catherine Gonnard sur l'histoire des femmes artistes. C'était pas militant mais si ! Ça l'est aussi même si c'est pas de politique pure.

Et le prix du CEL à Cineffable ?

J'y ai assisté de loin, c'était pas marquant pour moi. En revanche, les femmes qui sont venues après au Merlan, les 2 allemandes qui avaient eu le prix, je m'en rappelle comme d'un grand moment. Il y avait énormement de monde !
Il y a eu beaucoup de fêtes super et un autre grand moment, ce sont les défilés de mode avec Filo. Elle avait lancé ça avec Alibi, une boutique de fringues vers le cours d'Estienne d'Orves. On répétait avec Fred chez Cartoons Sardines, il fallait apprendre à marcher, à se positionner : on répétait des soirées entières, des après-midis entiers pour apprendre à faire les vamps. Après on a défilé sur les podiums, une fois à l'Alambra et 2 fois au Château des fleurs.

Défilé de mode lesbien ou mode tout court ?

Défilé de mode lesbien ! Les habits étaient choisis en fonction de notre personnalité, les coupes de cheveux aussi. C'était très marrant ! Et Filo doit aussi témoingner de tout ça bien sûr !

Documents contenus dans le témoignage
 1993 - CEL - Débat feminisme 1994-CEL Gay Pride 1994 Esprit de CEL numéro 1 Esprit de CEL numéro 1 Le cri de la gouine Défilé au CEL Défilé de Filo